Du 3 au 13 septembre 2026, Laurence Nicod installe son exposition « Résilience poétique – Quand la matière devient une émotion » dans la Tour de Justice de l’abbaye de Baume-les-Messieurs. Partageos vous propose d’aller un peu plus loin que l’affiche : découvrir l’artiste, comprendre sa matière, entrer dans l’histoire du lieu et transformer l’exposition en véritable escapade culturelle.
Il existe des expositions que l’on visite. Et puis il y a celles autour desquelles on peut construire une journée entière, presque un voyage.
Résilience poétique, présentée par Laurence Nicod à Baume-les-Messieurs, appartient à cette seconde famille.
Car ici, tout semble entrer en correspondance : la matière travaillée par l’artiste, la pierre ancienne de l’abbaye, les falaises du Jura, la mémoire d’un lieu qui traverse plus de mille ans d’histoire.
La peinture contemporaine vient ainsi se poser quelques jours dans une architecture qui, elle aussi, a résisté au temps.
Et c’est précisément là que le titre de l’exposition commence à nous percuter et à prendre une autre profondeur.
🎨 Laurence Nicod : faire parler la matière
Née à Lyon en 1965 et installée depuis plus de vingt-cinq ans à Cusy, en Haute-Savoie, Laurence Nicod développe une peinture abstraite contemporaine fondée sur la couleur, la matière et l’émotion. Elle s’est formée à l’école d’art de Lyon avant de retrouver pleinement la création après une longue parenthèse consacrée à sa famille. Son parcours l’a conduite à exposer en France mais également à Bruges, Bâle, Luxembourg ou New York.
Sa peinture utilise notamment acrylique, collages, enduits, reliefs, résines et matières naturelles. Le tableau acquiert une sorte de géographie, un repère pour nous qui admirons ses oeuvres.
Creux, reliefs, transparences, accidents et densités participent à l’œuvre.
Chez Laurence Nicod, les oppositions semblent même devenir un vocabulaire : ombre et lumière, instinct et construction, douceur et intensité.
C’est une manière intéressante d’aborder l’abstraction et d’observer ce qu’elle provoque.
« Résilience poétique » : les cicatrices deviennent paysage
Le choix du mot résilience n’est évidemment pas neutre.
Dans notre langage contemporain, le mot résilience évoque la faculté de traverser une épreuve, d’en conserver parfois la trace tout en continuant à se construire.
C’est aussi, malheureusement, un mot que notre époque emploie beaucoup, tant les crises, les conflits, les catastrophes et les bouleversements semblent se succéder à travers le monde. À force d’être invoquée, la résilience pourrait presque devenir un terme de circonstance, une injonction à tenir debout lorsque tout vacille.
Et c’est précisément là que la proposition de Laurence Nicod prend une autre dimension : elle lui adjoint la notion de poétique.
La résilience n’est plus seulement résistance. Elle peut devenir transformation, élévation, réinvention. Elle ne consiste plus uniquement à supporter ce qui a été vécu, mais peut aussi permettre d’en faire émerger autre chose, une forme, une couleur, une émotion nouvelle.
La peinture de Laurence Nicod en propose ainsi une traduction plastique profondément poétique.
Une matière peut être recouverte puis revenir à la surface.
Une couleur peut disparaître sous une autre avant de réapparaître.
Une fissure peut devenir ligne.
Une aspérité, relief.
Un accident, composition.
C’est peut-être là que commence véritablement la poésie annoncée par le titre. La matière intègre ce qui lui est arrivé, le transforme et parfois même le sublime.
Et l’on retrouve derrière cette exposition une question presque universelle : que faisons-nous de ce qui nous transforme ?
La réponse appartient naturellement à chacun. Mais l’art possède cette capacité rare de rendre visible ce qui demeure parfois impossible à formuler.
Il donne une forme à la question et, peut-être, déjà un commencement de réponse.
Car transformer une blessure en matière, une rupture en ligne ou une épreuve en création, c’est peut-être rappeler que la résilience ne consiste pas seulement à revenir à ce que l’on était.
Elle peut aussi être la possibilité de devenir autrement.
🏛️ Une exposition contemporaine dans 1 200 ans d’histoire
Le décor mérite à lui seul le déplacement.
La Tour de Justice appartient à l’ensemble abbatial de Baume-les-Messieurs, l’une des anciennes abbayes bénédictines majeures du Jura. Sa première mention écrite remonte à 869, même si des vestiges archéologiques suggèrent une présence monastique antérieure.
Et Baume possède une place singulière dans l’histoire européenne.
En 909, l’abbé Bernon quitte Baume accompagné de moines pour participer à la fondation de Cluny, dont l’influence spirituelle, artistique et architecturale rayonnera ensuite à travers une grande partie de l’Europe médiévale.
Voilà donc une étrange conversation temporelle.
Des peintures du XXIe siècle entrent dans un lieu dont certaines pierres ont connu le monde carolingien.
La matière de Laurence Nicod parle de transformation tandis que les murs qui l’accueillent en portent littéralement les traces.

🪨 La Tour de Justice : l’art a trouvé sa chambre
La Tour de Justice n’est d’ailleurs pas utilisée occasionnellement comme simple salle polyvalente.
Elle constitue désormais un véritable espace d’exposition de l’abbaye, avec deux salles équipées de cimaises accueillant peintres, photographes, sculpteurs et artisans d’art pendant la saison culturelle.
En 2026, Laurence Nicod succède notamment à François Pageaut, Eric Mourez, aux artistes des Amis d’Haïti, à Mireille Buxton et à plusieurs photographes et sculpteurs. L’exposition est officiellement programmée du 3 au 13 septembre.
Une ancienne tour devient ainsi un lieu où la création continue de déposer de nouvelles couches de mémoire.
La culture fonctionne souvent ainsi : elle ne remplace pas ce qui précède, elle s’y ajoute.
👁 Regard Partageos : ne cherchez pas trop vite quelque chose à reconnaître
Face à une œuvre abstraite, un réflexe revient souvent : « Qu’est-ce que cela représente ? » , essayons autre chose, regardez d’abord la toile de loin.
Puis approchez-vous.
Cherchez le relief. Une rupture de couleur. Une matière qui accroche la lumière. Une ligne presque invisible. Une zone qui paraît calme puis une autre qui semble lutter contre elle.
Ensuite seulement, éloignez-vous de nouveau. L’œuvre aura peut-être changé. Votre regard, lui, aura travaillé.
C’est l’une des forces de l’art abstrait lorsqu’il fonctionne pleinement : le spectateur n’est plus seulement face à l’image, il entre dans son jeu, y projette une mémoire, une histoire, parfois même un rêve.
Peut-être verrez-vous dans cette œuvre un petit prince rejoignant sa dulcinée, peut-être une étrange mécanique céleste, une combinaison paisible venue refroidir la Terre, ou tout autre récit que votre regard seul saura faire naître.
Peu importe, finalement, ce que chacun y découvre. Si l’œuvre déclenche une image intérieure, une émotion, un instant de suspension, alors elle a déjà accompli quelque chose d’essentiel.
Elle aura produit ce que l’art partage avec la beauté naturelle des choses : un moment de quiétude, une respiration, une parenthèse où le monde semble soudain un peu moins bruyant.
Et ce dialogue rejoint profondément l’idée de partage de la connaissance défendue par Partageos : apprendre à regarder constitue déjà une forme de transmission.
🌿 Puis sortir de l’exposition… et regarder le Jura autrement
C’est là que cette exposition devient particulièrement intéressante pour une Escale Partageos.
Car Baume-les-Messieurs est installé au cœur d’une spectaculaire reculée jurassienne, dominée par de hautes falaises. On y trouve également grottes, cascade, patrimoine religieux et paysages naturels, dans un village distingué parmi les Plus Beaux Villages de France.
Et après avoir observé les reliefs d’une toile de Laurence Nicod, le visiteur pourra difficilement ne pas remarquer ceux du paysage.
Le tableau continue presque dehors, la pierre calcaire devient matière, l’eau devient mouvement, la falaise devient composition, la lumière dessine elle aussi ses aplats.
L’exposition peut alors modifier la promenade qui suit.
Et voilà peut-être ce qui distingue une véritable expérience culturelle d’une simple sortie, nous ne regardons plus tout à fait le monde de la même manière en ressortant.
✨ Escale Partageos : prolonger la visite
Pour profiter pleinement de cette découverte, Partageos propose de ne pas s’arrêter à la porte de la Tour de Justice.
🏛️ Découvrir l’abbaye
L’ensemble abbatial conserve notamment ses trois cours, son église, sa chapelle des tombeaux et un spectaculaire retable flamand du XVIe siècle attribué aux ateliers d’Anvers, mesurant environ 5,40 mètres sur 4 mètres.
Des visites guidées sont proposées jusqu’au 30 septembre, ainsi que des audioguides d’environ 45 minutes.
🌊 Partir vers la reculée
Baume-les-Messieurs mérite ensuite d’être parcouru lentement.
La cascade, les grottes et les falaises permettent de poursuivre presque naturellement la réflexion engagée devant les œuvres : ici encore, la matière est le résultat du temps, de l’eau et des transformations successives.
🍽️ L’Escale gourmande Partageos
Après la matière et les couleurs de Laurence Nicod, pourquoi ne pas prolonger la découverte autour d’une table ? À quelques pas de la Tour de Justice, le Café Restaurant de l’Abbaye permet de rester dans le décor exceptionnel de Baume-les-Messieurs et de faire de l’exposition le point de départ d’une véritable journée culturelle dans le Jura.
🎨 Revenir vers l’art
À partir du 12 septembre, les derniers jours de Résilience poétique coïncideront également avec le début d’une rétrospective consacrée à Josette Coras, présentée dans le logis abbatial jusqu’au 4 octobre.
Les 12 et 13 septembre offrent donc une jolie possibilité de construire une véritable journée consacrée à l’art et au patrimoine.

📍 Informations pratiques
Exposition : Résilience poétique – Quand la matière devient une émotion
Artiste : Laurence Nicod
📅 Du 3 au 13 septembre 2026
🕙 10 h – 18 h 30
🎟️ Entrée libre
📍 Tour de Justice
Abbaye de Baume-les-Messieurs
Jura
La programmation officielle de l’abbaye confirme la présence de Laurence Nicod à la Tour de Justice du 3 au 13 septembre 2026.
Pourquoi Partageos consacre-t-il un dossier à cette exposition ?
Parce que derrière une affiche se cachent souvent plusieurs histoires.
Celle d’une artiste, Laurence Nicod, qui a eu la gentillesse de participer à notre rendez-vous « Une femme, un homme » ainsi qu’à plusieurs concours organisés sur Partageos.com.
Celle d’une œuvre, que nous apprécions pour sa pertinence et la richesse de ce qu’elle suggère.
Celle d’un bâtiment, dont l’histoire et la présence ne peuvent nous laisser indifférents.
Celle d’un village qui, par l’organisation régulière de différentes expositions, offre une place à la création et encourage peut-être d’autres artistes en devenir à prendre, eux aussi, le chemin de l’art.
Et parfois celle d’un visiteur qui ignorait encore, quelques heures auparavant, qu’il allait découvrir tout cela.
Partageos développe précisément ses Escales pour relier ces fragments.
Une exposition ne devrait pas être seulement un point posé sur un agenda culturel. Elle peut devenir une porte d’entrée vers un artiste, un patrimoine, un territoire et de nouvelles connaissances. C’est la philosophie du format Escale Partageos, qui cherche à prolonger l’événement vers son environnement culturel.
Et dans un monde numérique où l’on peut faire défiler cent images en quelques minutes, partir réellement à la rencontre d’une œuvre possède presque quelque chose de précieux, donner du temps à ce que l’on regarde.
De la matière à la mémoire
Résilience poétique porte finalement très bien son nom.
Laurence Nicod travaille une matière qui se transforme. Baume-les-Messieurs conserve des pierres qui ont traversé les siècles. Entre les deux se glisse le visiteur, avec sa propre histoire, ses émotions et son regard.
Pendant dix jours, dans la Tour de Justice, ces temporalités vont se rencontrer.
Et lorsque l’art contemporain entre dans un lieu vieux de plus d’un millénaire, quelque chose d’assez simple se produit : nous ajoutons à notre tour une petite couche au grand récit culturel commun.
Une œuvre est regardée, une émotion circule, une histoire est racontée à quelqu’un d’autre.
C’est ainsi que la culture laisse son empreinte. En la partageant.
🌍 Et si cette exposition devenait le début du voyage ?
Partageos rassemble désormais des expositions à découvrir partout en France afin que chaque événement puisse devenir le point de départ d’une nouvelle rencontre avec les artistes et les territoires. Poursuivez cette promenade avec « Des expositions à découvrir partout en France : Partageos relie les artistes, les lieux et les publics ».
Lire l’article sur Partag
Dans le même esprit, les lecteurs peuvent poursuivre leur lecture avec cet article de Partageos.info : L’horizon des événements, ce que l’artiste protège quand son œuvre commence à briller. La culture laisse rarement une seule trace : elle sème des chemins. Vous pouvez aussi découvrir chaque jour des nouveautés, des actualités culturels et artistiques liées aux musées de France : https://partageos.info/actualites-des-collections-des-musees-de-france/
Et si cette article vous a plu…
- Georges-Jean Arnaud, l’invisible aux 400 romans
- Concours PARTAGEOS : Règlement Standard 2026
- Artroscope 2026 — France entière : La Constellation des idées
- https://partageos.info/les-manuscrits-du-futur-auront-une-voix-les-encres-invisibles/
- Relativité et Infini : Une Perspective Révisée
